le résumé

Un nouveau phénomène a fait son apparition depuis quelques années, celui des cyberpharmacies qui vendent des médicaments d’ordonnance sur Internet, malgré que la vente libre de ceux-ci soit interdite tant au Québec qu’au Canada.

À celles-ci s’ajoutent d’autres sites Web – par exemple des magasins de produits naturels ou des sex-shops en ligne — qui offrent des « substances » visant à traiter des maladies ou encore à améliorer la performance sexuelle, sans que Santé Canada n’en ait vérifié l’innocuité (le fait qu’un produit ou substance n’est pas nuisible). 

La vente en ligne de médicaments d’ordonnance et de produits médicaux comporte donc des risques pour la santé et la sécurité. Non seulement est-il impossible d’en confirmer la provenance, mais en plus, ni votre pharmacien ni votre médecin ne peuvent en évaluer les effets secondaires et les interactions médicamenteuses. Par ailleurs, un médicament sur deux vendu sur Internet serait contrefait.

les détails

Le commerce électronique est en pleine croissance, partout à travers le monde. Même les plus résistants d’entre nous s’y sont habitués. Tous les secteurs d’activité y ont adhéré et proposent aujourd’hui des produits ou services sur Internet. Le secteur pharmaceutique ne fait pas exception, et toutes les bannières pharmaceutiques connues au Québec offrent un service de vente en ligne qui se limite en général aux produits de beauté et d’hygiène, à l’exclusion des médicaments. 

Le service de renouvellement des ordonnances en ligne est également souvent offert, comme ici, toutefois ce processus est différent — puisqu’il s’agit de renouvellement de médicaments déjà prescrits en bonne et due forme par un médecin — et approuvé par l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ). 

Les médicaments vendus sur Internet peuvent sembler attirants…

Les avantages que les cyperpharmacies ou autres sites de vente en ligne font miroiter pour promouvoir l’achat de médicaments d’ordonnance ou de « produits médicaux » sont nombreux : le prix, la simplicité, l’accessibilité, la rapidité, la discrétion. Il peut être en effet tentant de se procurer, à l’aide de quelques clics et à meilleur prix (nous dit-on), des produits que nous avons l’impression de connaître. 

… mais peuvent être très dangereux !

L’OPQ nous met en garde contre certains raisonnements qui pourraient nous inciter à acheter des médicaments en ligne, et expose sur son site les risques liés à cette pratique. Elle a identifié les scénarios les plus fréquemment rencontrés chez les gens tentés de s’approvisionner sur Internet, et démontre clairement pourquoi il peut être dangereux de céder aux arguments de la vente en ligne. Par exemple, le fait qu’un médicament nous ait déjà été prescrit dans le passé ou que le site de vente en ligne semble détenir une certification (une telle certification n’existe tout simplement pas !) ne rendent pas la vente en ligne sécuritaire, ni qu’un de nos proches se soit déjà procuré le produit en question, ou encore moins que nous ayons l’impression de « savoir » quel est le mal dont nous souffrons, suite à nos recherches sur le Web qui ont mené à notre « autodiagnostic », une pratique malheureusement de plus en plus courante et qui retarde souvent le processus de prise en charge d’une maladie.

Voici les risques évoqués par l’OPQ : 

  • Provenance inconnue
  • Aucun contrôle sur la qualité et la quantité d’ingrédients actifs
  • Danger de contamination
  • Aucun suivi médical et pharmaceutique
  • Utiliser un traitement inadéquat comporte des risques
  • Plusieurs symptômes paraissent similaires, mais peuvent être associés à plusieurs problèmes de santé/maladie
  • L’autodiagnostic sans l’aide d’un professionnel de la santé est risqué

Un marché occupé par les trafiquants de drogue

Le marché des médicaments contrefaits est extrêmement lucratif. Il atteignait 75 milliards $ en 2013, à l’échelle mondiale. Beaucoup plus rentable que celui du trafic de drogue, les trafiquants s’y intéressent de plus de plus.

Une mise en garde plus spécifique mérite d’être faite à l’égard des sites Internet qui ne fournissent pas leurs coordonnées (adresse et téléphone). Certains sites, s’affichant comme étant « canadiens », ne le sont nullement. Un rapport de l’ENAP relate entre autres les résultats d’une recherche effectuée sur deux cyberpharmacies qui se présentaient comme étant canadiennes : le serveur de l’une d’elles se trouvait à Odessa, en Ukraine, alors que son sous-traitant de facturation se trouvait, quant à lui, à L’Île Maurice…

les conseils du pharmacien

Seuls les médecins sont habilités à poser un diagnostic et autorisés à vous prescrire les traitements adéquats. Vous devez tenir votre médecin et votre pharmacien informés de tout produit de santé que vous prenez, qu’il s’agisse de vitamines, produits naturels, médicaments d’ordonnance ou en vente libre. Ceux-ci sont les seuls qui soient en mesure d’évaluer les effets secondaires et les interactions médicamenteuses qui peuvent avoir des effets aggravants sur votre santé.

Les pharmaciens ont accès à tous les médicaments homologués par Santé Canada, qu’ils soient originaux ou génériques. Ce sont eux qui peuvent vous fournir les meilleurs prix sur le marché, mais plus important encore, ils sont outillés pour vous assurer de ne pas vivre de mauvaises expériences avec des produits douteux. Faites-leur confiance ! 

liens utiles

L’achat de médicaments en ligne : attention!
Ordre des pharmaciens du Québec)

Achat de médicaments par l’entremise d’Internet
Santé Canada

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