PrEP : jamais sans ordonnance et suivi médical

 

 

 

 

 

 

 

 

le résumé

La PrEP (prophylaxie préexposition) est désormais disponible comme moyen de prévention du VIH. Il est maintenant possible pour les personnes séronégatives à haut risque d’infection par le VIH de réduire considérablement leur risque de contracter l’infection avec une ordonnance de Truvada. Mais attention, l’efficacité de ce médicament pour usage préventif est directement liée à l’encadrement médical requis et au bon suivi du traitement. L’obtention du Truvada sans ordonnance présente des dangers pour la santé.

les détails

Le Truvada est un médicament contenant une combinaison de deux antirétroviraux qui a d’abord été commercialisé comme traitement contre le VIH, avant que les chercheurs ne découvrent qu’il pouvait être efficace à titre de traitement préventif contre la transmission du VIH. Le Truvada est donc utilisé comme « PrEP » ou prophylaxie préexposition au VIH.

La PrEP, en continu ou à la demande

Le Truvada peut être pris en continu (tous les jours), ou à la demande (PrEP intermittante), en prévision d’activités sexuelles à risque. Dans ce cas, le régime est le suivant : deux (2) comprimés entre 2 et 24 heures avant une relation sexuelle à risque, puis un (1) comprimé 24 h, puis 48 h après. Seul un médecin ou professionnel de la santé peut déterminer avec l’usager la meilleure stratégie de PrEP à envisager. 

Un suivi médical rigoureux

La PrEP requiert un encadrement médical étroit. Comme tout médicament, le Truvada peut, dans quelques cas, avoir des effets indésirables et présenter des risques de toxicité. Le traitement préventif doit donc s’accompagner d’un suivi médical avant la prise, puis tous les trois mois, pour vérifier l’état de santé général puis faire les tests de dépistage du VIH et autres ITS. 

Les tests de dépistage du VIH, avant et pendant la prise du Truvada, sont d’autant plus importants qu’une personne séropositive qui ignore son état et qui prend la PrEP risque de développer une résistance au médicament, et, le cas échéant, de réduire les options ou l’efficacité de son traitement antirétroviral — en plus de risquer de transmettre le VIH.

Au Québec, comme en France depuis quelque temps, ce médicament plutôt dispendieux (la prise en continu atteint 9 000 $ par année) est remboursé par l’État, aussi quand il est prescrit à titre préventif. 

La PrEP au marché noir

Il semble qu’il se développe un marché noir pour le Truvada, notamment dans les pays où ces médicaments ne sont pas disponibles gratuitement, mais également ici, au Québec. 

Parfois perçue comme « la drogue des gars qui aiment les partys », la PrEP a même été commercialisée ainsi par la compagnie qui fabrique le Truvada, ce qui a soulevé l’ire de la FDA (Food and Drug Administration) américaine et de certaines associations comme la AIDS Healthcare Foundation. Ce lien, entre Truvada et « drogue de party », non seulement entretient la stigmatisation des usagers de la PrEP, mais encourage implicitement une utilisation peu ou pas encadrée. Une étude américaine menée en 2015 a révélé une tendance selon laquelle de plus en plus de gens cherchent à se procurer le Truvada sans ordonnance, ce qui entraîne de sérieux risques pour la santé, en raison notamment de dosages inappropriés, de l’absence de surveillance médicale, et du développement d’une résistance au médicament.

Selon cette étude, ce serait surtout des personnes séropositives marginalisées qui vendent à fort prix leurs antirétroviraux à des revendeurs de drogues ou « courtiers en pilules », qui eux les redistribuent illégalement dans diverses circonstances — par exemple, dans des soirées. Le Truvada arrive en tête sur ce marché. Non seulement les pilules ainsi vendues présentent des dangers lorsque prises sans suivi médical, mais les PVVIH qui vendent leur Truvada ne respectent plus leur traitement, et s’exposent à des complications liées à l’augmentation de leur charge virale.

Une ignorance généralisée

Il semble exister une méconnaissance généralisée parmi les personnes séronégatives considérées à haut risque d’infection par le VIH, selon laquelle la PrEP ne serait pas un médicament sous ordonnance nécessitant un suivi médical, et qu’il est possible — et légal ! – de s’en procurer par le biais de réseaux informels, chez des revendeurs ou sur le Web.

les conseils du pharmacien

De la même manière que le condom est très efficace… lorsqu’on le met !, la PrEP, pour bien fonctionner, doit être prise selon les recommandations de votre professionnel de la santé. Par ailleurs, l’utilisation sans ordonnance de la PrEP rend impossible la vérification de la provenance des médicaments et leur validité, comme pour l’ensemble des drogues et médicaments vendus au marché noir ou sur Internet.

À noter que la PrEP, bien que très efficace, ne l’est pas à 100 %, qu’elle est un moyen supplémentaire de prévention contre le VIH en combinaison avec le condom et les dépistages réguliers, et qu’elle ne protège pas contre les autres ITS ou l’hépatite C. En tout temps, il est recommandé d’utiliser le condom correctement et systématiquement.

Si vous avez des questions sur la PrEP, n’hésitez pas à consulter votre pharmacien. 

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