Même si légalisée, la marijuana n’est pas inoffensive.

le résumé

Il ne faut pas conclure de la légalisation imminente de la marijuana « à des fins récréatives » qu’il s’agit d’une substance inoffensive, bien au contraire. Ce n’est pas une légende urbaine : la marijuana (ou cannabis ou « pot ») d’aujourd’hui est beaucoup plus forte que celle des années 70’, et les risques qu’elle représente pour la santé sont nombreux.

les détails

À l’heure où on parle de légaliser la marijuana, la communauté médicale semble unanime sur un point : on ne peut pas dire que la consommation de marijuana ne comporte pas de risques pour la santé. On réfère surtout ici à un usage continu, qui a pour conséquence des changements au niveau des poumons, des pertes de mémoire et nombre d’autres problèmes. Des chercheurs ont même démontré que la consommation occasionnelle (une ou deux fois par semaine) a également pour effet de modifier l’anatomie du cerveau, en particulier les zones responsables des émotions et de la motivation. 

Le THC, hier et aujourd’hui

Le THC (tétrahydrocannabinol) est la constituante de la marijuana qui provoque le « high » recherché. Avec une soixantaine de cannabinoïdes — des substances chimiques —, il se rend au cerveau par la circulation sanguine et cause aussi les effets suivants : coordination ralentie, augmentation du rythme cardiaque, bouche sèche, augmentation de l’appétit, pensée confuse, perte de mémoire, yeux injectés de sang. La marijuana d’aujourd’hui contiendrait, selon certaines études, 300 % à 400 % plus de THC comparativement à celle d’il y a quelques décennies. 

La fumée… et les poumons

La fumée de marijuana contient les substances toxiques que contient la fumée de cigarette, dont l’acide cyanhydrique et le formaldéhyde, connus pour leurs liens avec le cancer. 

Une étude a révélé que les grands fumeurs de « pot » ont plus de risques de développer un cancer des poumons. Le potentiel cancérigène de la marijuana serait cinq fois plus élevé que celui de la cigarette. Ces fumeurs développent également plusieurs symptômes semblables à ceux des fumeurs de cigarettes : gorge irritée, toux chronique, respiration sifflante, bronchite, mucus dans la gorge, etc.

Effets sur le cœur

Fumer de la marijuana peut faire augmenter le rythme cardiaque et baisser la tension artérielle. La marijuana peut aussi augmenter le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Ce risque semble augmenter avec l’âge et la préexistence de troubles cardiaque. 

Effets sur le cerveau

Selon un article du site WebMD, l’imagerie médicale a révélé que la circulation sanguine vers certaines zones du cerveau — celles de la mémoire et de l’attention — est différente chez les fumeurs de marijuana. La taille et la forme du thalamus, responsable du traitement de l’information, sont également modifiées. Des études auraient aussi montré que les fumeurs de marijuana obtiennent en général de moins bons résultats lorsqu’ils participent à des tests de mémoire, d’attention et d’apprentissage.  

Les effets à court terme sont nombreux, allant de la simple perte de mémoire à la confusion et à la désorientation. L’anxiété, la dépression et les pensées suicidaires peuvent aussi faire partie des effets indésirables de la marijuana. La consommation à long terme peut augmenter le risque de développer certaines maladies mentales telles que la psychose et la schizophrénie, surtout en présence d’antécédents familiaux. Les personnes qui ont commencé à fumer à l’adolescence sont celles qui sont le plus à risque de développer ces maladies ou troubles mentaux.

Est-ce que la marijuana crée une dépendance ? 

Des études ont conclu que la dépendance à la marijuana existe, même si les symptômes de sevrage ne sont pas aussi importants que ceux liés aux drogues plus dures. Il arrive fréquemment que des consommateurs réguliers de « pot » qui participent à des programmes pour mettre fin à leur consommation ne puissent s’empêcher de recommencer, malgré qu’ils soient conscients des effets psychologiques et physiques néfastes de la marijuana, ou de ses répercussions dans leur vie sociale, amoureuse ou professionnelle.

Une porte d’entrée vers d’autres drogues

La marijuana est considérée comme une « porte d’entrée » (gateway drug) vers d’autres drogues, particulièrement chez les jeunes consommateurs, qui auraient plus tendance à utiliser éventuellement des opioïdes sous ordonnance, par exemple.

Et si on mange « le pot » ? 

Les effets sur les poumons sont bien sûr inexistants. Cependant, la digestion de la marijuana étant lente, les effets recherchés se font parfois attendre : cela peut amener les consommateurs insatisfaits à en consommer davantage, augmentant les risques d’effets indésirables important. 

C’est pour bientôt, la légalisation ?

La marijuana à usage récréatif est permise dans cinq États américains, la Californie étant le tout dernier à avoir récemment adopté une nouvelle loi à cet égard, après le Colorado, l’État de Washington, l’Oregon et l’Alaska.

Au Canada, tout ce qui touche la marijuana (consommation, production, distribution) fait encore aujourd’hui l’objet d’une réglementation stricte. L’actuel premier ministre du Canada a fait de la légalisation de la consommation de la marijuana à des fins récréatives une promesse électorale, spécifiant que l’accès des jeunes à cette drogue serait interdit, à cause de ses effets nocifs sur le développement du cerveau. Au-delà de l’aspect de la production qui est déjà réglementé pour l’usage médical du produit, il reste encore beaucoup de zones grises entourant cette légalisation « à des fins récréatives ». Où sera-t-il possible de s’en procurer ? Quel sera l’âge légal de consommation ? Où sera-t-il possible de fumer du cannabis ? Beaucoup de détails importants… En attendant, seul l’usage médical est légal.   

L’accès à la marijuana à des fins médicales

La consommation de marijuana est interdite au Canada depuis 1923, bien avant qu’elle ne l’ait été aux États-Unis. Le vent a commencé à tourner en 2000, après qu’un homme faisant usage de cette substance pour calmer ses crises d’épilepsie réussisse à convaincre la Cour d’appel de l’Ontario que l’interdiction de la marijuana allait à l’encontre de ses droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, tels que consacrés dans la Charte canadienne des droits et libertés. L’année suivante, le Règlement sur l’accès à la marijuana à des fins médicales était mis en vigueur, en vertu duquel les personnes souffrant de certaines maladies peuvent y avoir accès sous ordonnance.  

La marijuana à titre de traitement 

L’usage thérapeutique de la marijuana suscite un vif intérêt partout à travers le monde, également au Canada. La majorité (65 %) des ordonnances de cette « substance contrôlée » au Canada ont été émises pour atténuer la douleur chronique causée par l’arthrose — plusieurs essais cliniques plutôt concluants ont été réalisés quant aux effets de la marijuana sur l’arthrose. Cependant, selon la Société canadienne de l’arthrite, trop peu de données existent quant à son innocuité et son efficacité, malgré qu’elle soit accessible sur ordonnance, et il est impératif de poursuivre la recherche à cet égard. 

Les effets de la marijuana sur le VIH font aussi l’objet de recherches, surtout financées par des producteurs privés de marijuana destinée à un usage médical. 

Le « pot thérapeutique », un mirage ?

Pour certains membres de la communauté médicale, notamment le Dr Alain Vadeboncoeur, urgentologue et chef du service d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal, la question de l’usage thérapeutique de la marijuana n’est ni plus ni moins qu’une « fumisterie » ou encore un « mirage ». Selon lui, des milliers d’études ont conclu que les avantages de la marijuana thérapeutique sont très limités. « Autrement dit, “Ça me fait du bien” n’est pas équivalent à “Ça fonctionne”. Bien des choses font “du bien” à beaucoup de gens, sans qu’on puisse affirmer que l’efficacité est démontrée ou qu’on pourra reproduire cette efficacité si on les administre à d’autres personnes », explique-t-il dans un article paru dans L’Actualité en avril 2016.

les conseils du pharmacien

La marijuana est une substance contrôlée pouvant nuire considérablement à la santé. Sa légalisation n’en fait pas une drogue inoffensive. À titre comparatif, on n’a qu’à penser à la cigarette et à l’alcool, tous deux des produits légaux, mais qui ont souvent des effets néfastes. 

À éviter à tout prix : la marijuana synthétique. Ses effets psychotropes sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana « naturelle ». Les risques sont nombreux et très sérieux, et sa production n’est soumise à aucun contrôle de la qualité ni essais cliniques. 

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