L’autotest de dépistage du VIH

le résumé

En France, on estime que 30 000 personnes sont infectées par le VIH sans le savoir. Au Canada, on estime qu’elles étaient 12 820 en 2016, soit environ 20 % des PVVIH (personnes vivant avec le VIH). Une personne infectée par le VIH sans le savoir peut le transmettre, aussi sans le savoir.

Un nouvel outil, l’autotest de dépistage du VIH, permet de rejoindre des personnes qui, souvent par crainte de stigmatisation, ne se sentent pas à l’aise de demander un dépistage du VIH à leur médecin. Selon de nombreux professionnels de la santé, c’est là l’un de ses principaux avantages. En cas de résultat positif, on peut rapidement diriger le patient vers une ressource médicale afin de débuter une trithérapie — un gage de succès du traitement — et stopper le risque de transmission.

les détails

Les autotests de dépistage du VIH ne sont pas (encore) disponibles au Canada, mais ils le sont aux États-Unis, en France, en Belgique et au Brésil, entre autres. Dans l’Hexagone, où ils sont accessibles sans ordonnance en pharmacie depuis septembre 2015, on en a vendu plus de 100 000 la première année. 40 % des acheteurs en étaient à leur premier dépistage, selon l’enquête d’une société pharmaceutique, et 55 % d’entre eux n’auraient jamais procédé à un dépistage s’ils n’avaient pas eu accès à un autotest. Cela semble indiquer qu’un nouveau « public cible » est ainsi rejoint : des personnes exposées au risque de contracter le VIH qui ne passent pas des tests de dépistage régulièrement dans un établissement de santé.

L’autotest de dépistage du VIH est un test que l’on peut faire seul, à la maison, sans la présence d’un professionnel de la santé, et dont les résultats sont obtenus en quelques minutes : on prélève une petite goutte de sang sur le bout d’un doigt, et le résultat apparaît sur une bandelette. Il est considéré comme fiable à 99 %, sous condition que le test soit réalisé trois mois après la plus récente prise de risque. Dans les trois mois qui suivent un rapport à risque, un tel test peut s’avérer négatif malgré qu’il y ait eu contamination et que le sujet soit contagieux.

Un outil complémentaire
Si le facteur de l’anonymat semble être important dans la décision de se procurer un autotest « maison », un tel test devrait, selon les professionnels de la santé, être considéré comme un outil complémentaire aux autres modes de dépistage du VIH.

Ces autotests ne remplacent pas les tests de laboratoire, et un résultat d’autotest devra être confirmé (ou non) par un test en établissement de santé. Le dépistage du VIH doit également être accompagné d’autres tests, par exemple relativement aux hépatites, dont les modes de propagation sont semblables à ceux du VIH.

Aussi, certaines réserves doivent s’appliquer à l’égard des tests « maison », notamment quant à la qualité des trousses d’autotest, surtout celles vendues sur Internet, mais également en rapport aux avantages de la visite en clinique.

Les avantages d’une consultation
Les tests réalisés en clinique permettent aux patients d’établir un lien avec un professionnel de la santé, qui saura leur fournir de précieuses explications et recommandations au moment de la communication de leurs résultats, que ceux-ci soient positifs ou négatifs. Dans tous les cas, ils pourront bénéficier d’un accompagnement adéquat, et éviter une situation d’isolement, qui pourrait s’avérer néfaste.

Risque récent de contamination ? N’attendez pas !
Un rappel important : la PPE (prophylaxie post-exposition) consiste en la prise de médicaments au maximum dans les 72 heures suivant une prise de risque volontaire ou involontaire — par exemple, le condom a brisé. La PPE doit être prise pendant quatre semaines. Ce mode de prévention, bien qu’efficace, n’est pas garanti à 100 % et les personnes sous PPE devraient porter le condom lors de toute relation sexuelle pendant les trois mois qui suivent l’exposition à risque.

 les conseils du pharmacien

Chaque outil de prévention et de dépistage est certainement bienvenu pour combattre le VIH.

Par ailleurs, une mise en garde s’impose quant aux produits vendus en ligne. Il est impératif de s’assurer que l’autotest en question est reconnu par les autorités publiques du pays d’où il provient, et de suivre les indications rigoureusement.

Les pharmaciens ont accès à tous les médicaments homologués par Santé Canada, qu’ils soient originaux ou génériques. Ils sont outillés pour vous assurer de ne pas vivre de mauvaises expériences avec des produits douteux.

En tout temps, vous pouvez communiquer avec votre pharmacien pour obtenir plus d’information et recevoir des conseils.

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