Le VIH en 2017
1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida

le résumé

1ER DÉCEMBRE, JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA

En 2000, sur les millions de personnes vivant avec le VIH (PVVIH), seules 685 000 avaient accès à un traitement contre le virus. En 2017, elles sont 20,9 millions (sur un total de 36,7 millions de PVVIH) à suivre une thérapie antirétrovirale, qui les maintient en bonne santé et qui réduit le risque de transmission du virus, de 97 %.

Ce sont de bonnes nouvelles, puisque l’accès aux traitements est l’une des conditions clés pour atteindre l’objectif 90-90-90 et voir la fin de l’épidémie d’ici 2030.

Cependant, la lutte est loin d’être terminée. Dans certaines régions du monde, on a constaté depuis 2010 une augmentation de 60 % de nouveaux cas de VIH, et de 27 % de décès résultant du SIDA. Au Canada, on estime 2000 nouveaux cas d’infection par le VIH chaque année.

Les défis ne se limitent pas à l’accès aux médicaments, en traitement ou préventifs ; l’accès aux services sociaux et de santé sans stigmatisation — oui, encore de nos jours ! — est essentiel pour dépister les personnes infectées et qui l’ignorent (et ainsi les traiter rapidement afin de réduire leur charge virale et le risque de transmission), et pour une prise en charge médicale globale des personnes vivant avec le VIH, ici et ailleurs.

les détails

L’ONUSIDA, institution émanant de l’ONU, vient de publier un rapport, « Le droit à la santé », lequel impute aux États membres de l’ONU la responsabilité de respecter, protéger et promouvoir le droit à la santé, énonçant les efforts à fournir pour mettre fin à l’épidémie de SIDA comme menace pour la santé publique d’ici 2030.

La situation des PVVIH est toutefois très encourageante, du moins chez nous.

Les dernières avancées scientifiques

Les réservoirs viraux du VIH suscitent l’intérêt de nombreux chercheurs. Ce sont ces réservoirs qui sont responsables de la remontée de la charge virale (et, le cas échéant, de la reprise des symptômes du VIH), lorsqu’il y a arrêt des traitements antirétroviraux. La recherche est concluante dans ce domaine, ce qui pourrait être la clé d’une éventuelle guérison de l’infection au VIH.

Allègement thérapeutique : l’ère «verte» des médicaments

L’efficacité des traitements antirétroviraux et la sensibilisation au traitement précoce du VIH chez les personnes infectées font en sorte qu’aujourd’hui, les personnes sous traitement subissent moins d’effets secondaires ou indésirables et sont en bien meilleure forme qu’autrefois. Cependant, les chercheurs poursuivent leurs efforts pour améliorer la santé des PVVIH. Ainsi, certains étudient la question de savoir s’il faut traiter tout le monde de la même façon.

La notion d’allègement thérapeutique est au cœur de leurs travaux. La réduction de l’utilisation de produits chimiques potentiellement liés avec de la toxicité est souhaitable, si les résultats sont les mêmes sur le plan de l’efficacité. Plusieurs expériences d’allègement sont en cours, certaines s’étant révélées concluantes. Plusieurs options sont actuellement étudiées : la prise intermittente du traitement (la réduction des prises hebdomadaires), la réduction du dosage des molécules de la trithérapie, la bithérapie, ou même la monothérapie.

On parle de « l’ère verte » des traitements, et l’application dans le domaine du VIH de la notion de traitements différenciés pour une même pathologie, à des niveaux différents. À titre d’exemple, un même cancer ne sera pas traité de la même manière s’il vient tout juste d’être dépisté que s’il est multimétastatique.

La prévention n’a jamais été aussi efficace

La PrEP (prophylaxie préexposition) est disponible depuis un bon moment comme moyen de prévention du VIH. Les personnes séronégatives à haut risque d’infection par le VIH peuvent considérablement réduire leur risque de contracter l’infection avec une ordonnance de Truvada. Ce médicament, d’abord commercialisé comme traitement contre le VIH, est aujourd’hui aussi utilisé comme traitement préventif contre la transmission du VIH. À noter, son efficacité est directement liée à l’encadrement médical requis et au bon suivi du traitement.

Même après une relation « à risque », une option existe : la PPE (« prophylaxie post-exposition »), qui consiste en la prise de médicaments au maximum dans les 72 heures suivant une prise de risque volontaire ou involontaire — par exemple, le condom a brisé. La PPE doit être prise pendant quatre semaines. Bien que les résultats à ce jour soient prometteurs, le taux d’efficacité n’est toutefois pas de 100 %.

Tabous et préjugés : un ennemi à abattre

Encore aujourd’hui, les partenaires sexuels hésitent à parler entre eux de prévention, du condom, de leur statut sérologique ou même de consulter un médecin pour passer des tests de dépistage. La stigmatisation des personnes séropositives peut nuire à l’efficacité des traitements, en augmentant les risques de détresse psychologique et de précarité physique qui peuvent réduire l’adhérence au traitement.

La preuve médicale en est faite : les personnes vivant avec le VIH sous traitements antirétroviraux et dont la charge virale est indétectable comportent un risque de transmission quasi nul — surtout s’il y a usage du condom. Il faut faire la guerre à la stigmatisation, qui a des effets néfastes, notamment quant à la divulgation de la séropositivité entre partenaires sexuels.

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